2007, 16 Novembre.
Faible ? Insignifiant ?
Oui, insignifiant, c’est peut-être le mot… Inexistant… Délaissé… Autant de mots à connotation négative qui m’empoisonnent l’esprit. Des noms jaillissent par dizaines de sa bouche, des noms d’Autres, accompagnés d’élogieux commentaires ou de descriptions louangeuses. Craquant, mignon, plaisant, que n’aurai-je pas encore entendu ?
Dépité, accablé de l’entendre débiter flatteries et compliments, je ne lui prête qu’une oreille distraite en enfonçant mes mains dans mes poches, dans le but de les protéger du froid hivernal qui me pétrifie déjà les oreilles.
« Il est si fort ! Le seul garçon qui arrive à me porter par la taille ! »
Je me tais, comme à mon habitude, ne pouvant pas prendre part à cette conversation portant sur d’autres que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam et qu’elle fréquente pendant ses heures extrascolaires. Ses amies sourient poliment, amusées par cette fille qui plaisante avec tant de facilité, et qui semble si joyeuse et si populaire qu’elle ne peut que leur apporter du bonheur.
Avez-vous pu deviner, à ce stade du récit, que nous sortons ensemble depuis presque six mois et que tout allait bien jusqu’alors ?
Parce que moi, je n’en ai plus vraiment l’impression. Ces compliments qui m’étaient autrefois adressés et que j’avais pris pour des preuves d’un amour inconditionné ne sont aujourd’hui qu’un privilège réservé à ses amis, à ses copains, à tous ces garçons qu’elle connaît de part et d’autre.
« Et lui, il est si mignon ! J’en étais folle amoureuse, l’année passée ! »
Je n’ai pas de véritable raison de me plaindre, je pense que j’ai une belle vie, remplie et heureuse, et pourtant, il m’arrive de me sentir triste et de douter comme n’importe quel adolescent de mon âge.
Arrivent alors ses traditionnels « Ca ne va pas ? » implorants, accompagnés de regards étonnés auxquels je ne peux qu’esquisser un maigre sourire à côté d’un petit « Je suis fatigué » en guise d’excuse. Elle n’est pas dupe, elle sait et elle sent que je suis mal à l’aise, mais est-ce qu’elle se soucie encore de ce que je peux ressentir ?
Las de ses remarques qui n’ont cesse de me blesser sournoisement et de m’attrister davantage, je fixe l’horizon en tentant de ne penser à rien d’autre qu’au ciel nuageux qui assombrit encore mon humeur maussade.
Pourtant, il suffit d’une insidieuse idée, une seule, pour faire naître en moi e nouveaux espoirs de sourire librement, comme avant.
Et si je prenais la décision de tout arrêter sans plus attendre ?
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